1984

Michael Radford – 1984


« Qui contrôle le passé contrôle l’avenir; qui contrôle le présent contrôle le passé.« 


Dans cette période trouble de remontée de l’extrême-droite et le développement de moins en moins masqué de régimes fascistes, n’est-il pas temps de se replonger dans les piliers malheureusement visionnaires que sont Huxley et Orwell. Au détour d’une étagère de la médiathèque, mes yeux se posaient sur une adaptation du roman d’Orwell dont le directeur de la photographie s’appelait Roger Deakins. Direction donc une adaptation Orwellienne, son deuxième film dans ce rôle.


IMDb: https://www.imdb.com/title/tt0087803/

Roman pilier de la science-fiction/anticipation, écrit en 1948 (see what he did there…) par Orwell, il n’a au final été adapté que deux fois au cinéma. Une première fois en 1956 par Michael Anderson, puis cette version en… 1984. Là encore, ça ne s’invente pas.

La version de Radford voit Deakins assumer son deuxième film en tant que directeur de la photographie (le premier, l’année précédente était également de Radford) pour capturer ces masses hurlantes pour les deux minutes de haine, ou bien le visage triste de John Hurt dans le rôle de Winston, qui se sent opposé à ce régime. Le film colle assez bien au livre même s’il se focalise quasiment que sur le personnage de Winston et moins sur les différents régimes en place et leurs fonctionnements. Le ministère de la vérité pour réécrire l’histoire et contrôler le présent/futur, le ministère de l’amour pour torturer et exécuter tous les dissidents.

Deakins oblige, le film a une atmosphère visuelle très particulière qui colle plutôt bien au livre, tout en couleurs délavées, tons grisâtres et bleus. Winston ère dans cet environnement de guerre perpétuelle où la nature n’existe presque plus, où les sourires non plus, où les enfants rappellent les jeunesses hitlériennes. Le communisme mène au fascisme selon Orwell, tout comme les différents mouvements aux extrêmes. Au milieu de cette grisaille, la rencontre avec Julia jouée par Suzanna Hamilton, l’amour interdit, l’envie d’écriture et de réflexion, tous des éléments dangereux pour un régime où le prolétariat (les outers) ne se doivent que d’être des exécutants sans réflexion.

Le film n’a pas trop mal vieilli, les thèmes restent extrêmement contemporains, particulièrement dans cette période trouble remplie de réémergence de l’ultra-droite, des fake news, réseaux sociaux et IA génératrices. Comme le disait presque Aldous Huxley dans son Le Meilleur des Mondes, on n’a pas le cul sorti des ronces !

A voir pour un Deakins qui fait déjà ses belles armes, un John Hurt qui sied parfaitement au rôle écrit par Orwell, et un rappel que le combat pour la liberté n’est jamais à abandonner.


#Too Long Didn’t Read:

Une adaptation de Orwell dans les années 80 plutôt convaincante et qui n’a pas mal vieilli. La patte artistique de Deakins y est clairement pour quelque chose, ainsi que le duo John Hurt/Suzanna Hamilton. 

Pour poursuivre sur le film, Xavier Coste et Philip Börgn avaient adapté le roman en BD et l’ont continué avec Journal de 1985. Vraiment intéressant.

– Gregouf


Tags: #film #1984 #Orwell #Fascisme #Totalitaire