Guillermo Del Toro – 1992
« Fulcanelli was determined to perfect an invention which would provide him with the key to eternal life. He was to name it… the Cronos device »
En 2024, une restauration 4K était démarrée sur le premier film de Guillermo Del Toro. Le film ayant peu été distribué à son époque, la version restaurée eut même le droit à une ressortie ciné en 2025 que malheureusement je n’eus pas l’occasion d’apprécier dans une salle sombre. Juin 2026, un passage dans ma médiathèque où je fais presque parti des murs (d’ailleurs les enfants me dessinent dessus ! « Et le respect bande de petits cons »),… merde j’ai perdu le fil, je suis hors de la parenthèse… ah oui, un passage dans la médiathèque me fait dégoter la version DVD restaurée du film.
Il est temps d’un rattrapage de 34 ans… j’en ai les cartilages qui craquent!

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0104029/
Comme tout érudit, vous avez bien sur noté l’absence de H au titre. Certains me diront que le Mexique est plus expert dans l’héroïne et la cocaïne, mais je voulais bien sur parler de la différence entre Cronos et Chronos. Le premier est le roi des Titans qui a tranché la bite de son papa avec une faux, charmant bambin ! Le deuxième est la divinité du temps. 1992, je suppose que le trombone de Microsoft a encore fait une connerie.
Bref, Cronos s’ouvre sur un alchimiste du XVIᵉ siècle qui crée un mécanisme pour étendre sa vie. Il meurt dans un accident au début du XXᵉ siècle et ses possessions sont dispersées. Voyage dans le temps pour arriver à notre époque, un vieil antiquaire qui vit avec sa petite fille, une statue d’archange qui semble attirer les regards et la découverte de l’objet merveilleux dans sa base, mais également de la convoitise !
On est ici sur une interprétation originale du mythe vampirique. Il est question de mécanismes à engrenages et d’insectes, deux thèmes que Guillermo del Toro reprendra régulièrement dans sa filmographie. En acteurs principaux, Federico Luppi qui réapparaîtra dans The Devil’s Backbone ou encore The Pan’s Labyrinth, un tout jeune Ron Perlman qui réapparaîtra dans Blade 2 et les Hellboy, et Claudio Brook qui ne réapparaîtra pas car il mourra en 1995. Bref, Del Toro restera fidèle à ses thèmes et acteurs.
Cronos étudie donc le mythe vampirique sous un angle original, plus expérimental que fantastique et où la soif de sang se révèle différemment. La présence d’une petite fille tout le long du chemin de croix de Jesus Gris (avec un tel nom de personnage, il était destiné à un du tragique !) apporte une émotion particulière dans les interactions. D’ailleurs les enfants seront présents dans les plus belles réussites de Del Toro. Côté visuel, on sent un peu le premier film avec beaucoup de travellings pas forcément nécessaires mais c’est plutôt joli, avec un travail sur la lumière et l’obscurité, et pas mal de latex pour les maquillages plutôt réussis. C’est un film agréable, assez original pour un thème pourtant bien trop parcouru, avec un réalisateur qui fait ses armes. On regrettera presque que le film se termine si vite, car toute la relation grand-père/petite fille est assez touchante et aurait mérité d’y passer plus de temps. La fin ouverte également intéressante.
Alors oui, le film a vieilli, mais ça demeure une belle découverte pour ceux qui ne l’ont jamais vu. Apparemment, il fut classé pendant un certain temps dans le Top100 des meilleurs films d’horreur. La liste mise à jour en 2026 ne le fait plus apparaître.
Top 100 Films d’Horreur 2026 TimeOut : https://www.timeout.com/film/best-horror-films
#Too Long Didn’t Read:
Première réalisation du plus connus des réalisateurs Mexicain de films de genre, où il visite de manière originale le mythe vampirique. 34 ans plus tard, ça reste intéressant à découvrir mais prenant dorénavant une place plus discrète dans sa belle filmographie.
– Gregouf
Tags: #film #1992 #DelToro #Fantastique #Vampire
