Dawn Of The Dead (Director’s Cut)

Zack Snyder – 2004


« Kenneth: Is everyone there dead?

Steve: Yeah, in the sense that they all, sort of, fell down, and then… got up and… started eating each other. « 


Le nom de Zack Snyder lorsque prononcé trop fort attire dorénavant des regards sombres. Réalisateur qui traîne plus de casseroles qu’un commercial Moulinex, il a pourtant dans son début de carrière réalisé quelques films sympathiques, de 300 à Man of Steel en passant par un très honnête Watchmen. Oui, je sais que je risque la répudiation par le grand Alan, mais j’ai trouvé que c’était une adaptation honnête de l’œuvre.

L’autre soir ayant buté par hasard sur un DVD de son premier film vu au ciné à sa sortie, je me demandais comment je le percevrais l’âge aidant. Expérience N°527, incoming !

Disclaimer d’avant critique, aucune idée de ce que la Director’s Cut rajoute par rapport à l’original, mais ça doit être assez maigre…

Affiche du film 'Dawn of the Dead' avec des personnages en lutte contre des zombies dans un décor apocalyptique.


IMDb: https://www.imdb.com/title/tt0363547/

22 ans… 22… La course du temps est inexorable et ne ralentit pas son cours. J’avais découvert le film à sa sortie au ciné, après son passage par le festival de Cannes de la même année. Remake du film de Romero de 1978, classique culte de la trilogie fondatrice du mythe des Zombies, et probablement son volet le plus réussi. Zack s’attaque donc à un gros B-morceau, avec Romero et un jeune James Gunn au scénario, ce dernier étant également chef op’.

Dawn of the Dead reprend donc certains aspects du métrage original de George, une invasion de zombie importante, un mall américain comme lieu protecteur, un siège et une échappée compliquée et l’espoir lointain d’une survie possible. On y retrouve même Tom Savini dans le rôle d’un policier provincial du journal télévisé.

À l’inverse du Romero, le film s’ouvre sur une paisible banlieue américaine, pas d’invasion en cours. Mais au petit matin, une ouverture sanglante nous signale le début de la pandémie. Quelques âmes errantes se retrouvent donc en bordure de mall pour s’y réfugier et reprendre leur souffle. Là où le film de Romero offrait quatre protagonistes de bonnes épaisseurs, le script de Romero et Gunn les multiplient et diluent donc la qualité de ceux-ci qui deviennent assez simples et manichéens, tout en perdant la charge sociale de l’original. Néanmoins le film offre pour l’époque quelques éléments sympathiques comme des zombies courants, qui apparaissaient déjà dans le 28 jours plus tard de Boyle sorti deux ans plus tôt et originellement aperçu pour la première fois dans un film de Umberto Lenzi de 1980 (Nightmare City). L’ajout de l’armurier de l’autre côté de la cour est plutôt sympathique également permettant d’épaissir un peu le personnage du flic de Vingh Rhames et une fin qui essaie d’apporter un peu d’émotions à l’héroïne dont elle a manqué en début de métrage.

Mais le film souffre vraiment de ces personnages creux et de la perte complète de la critique de la société capitaliste et son essor consumériste qui s’est largement amplifié depuis. Ici, le seul enjeu est la survie pour des personnages qui sonnent vraiment creux.

Il reste donc une série B de zombie raisonnable, avec un budget qui permet des maquillages sympas et des scènes de tension maitrisées, notamment autour de l’armurerie et du parking souterrain. Le reste est malheureusement plus faible que dans mon souvenir. La filmographie de qualité de Zack se réduit encore, peut-être une mauvaise idée de me replonger dans les autres….


#Too Long Didn’t Read:

Le cerveau est un organe fascinant, capable de filtrer et adapter nos souvenirs pour n’en conserver presque que le positif. Il s’avère que le film de Snyder fait pâle figure face à l’original de Romero.

Ça me donne d’ailleurs envie de refaire un visionnage de ce dernier, pour l’ajouter bien sûr dans la rubrique des classiques, car il ne peut en être autrement…

– Gregouf


Tags: #film #2004 #Snyder #Romero #Zombie #Brain