Damian McCarthy – 2026
« You need thicker skin than that to be a writer! »
Et après le 3, vient le 4. Petit cycle d’horreur au mois de Juillet qui se termine donc, avec un film Irlandais, d’un réalisateur que je ne connais pas. De nombreuses affiches très belles pour ce film, mais il s’avère que pour sa sortie française, ils ont choisi la plus moche, avec un Adam Scott remplissant bien trop le cadre. Heureusement que la bande-annonce était suffisamment accrocheuse pour que je m’en souvienne.

IMDb: https://www.imdb.com/title/tt35672862/
Hokum s’ouvre sur un conquistador espagnol, perdu au milieu du désert avec un jeune enfant, cherchant ce qui semble être un trésor sur une vague carte. Les lumières éclatantes, la colorimétrie saturée avec ces oranges des dunes et ce bleu complet du soleil. Retour dans une maison moderne sombre, un écrivain portant un whisky à ses lèvres alors qu’il cherche à trouver l’épilogue. Une apparition fantomatique… peut-être l’effet de l’alcool.
Notre écrivain Ohm, Bauman joué par un Adam Scott parfaitement froid et désagréable, part en Irlande, dans l’hôtel isolé qu’avait fréquenté ses parents pour leur lune de miel, pour aller répandre leurs cendres auprès d’un genévrier rouge qui apparaissait sur une photo de sa mère souriante. Un lieu étrange, un folklore local qui mentionne une vieille sorcière enfermée dans la chambre nuptiale de l’hôtel maintenant condamnée, une serveuse bienveillante, une émotion qui cherche à tout emporter,…
On est là dans un film assez classique de fantômes, de deuil personnel, d’introspection lourde sur un évènement tragique, mais McCarthy réussit à réaliser un film de grande qualité, dosant cette ambiance lourde de manière intelligente, faisant usage de jump scare et de tensions sonores aux bons instants et dans une progression intelligente. De cette apparition d’un Jack cinématographique absolument effrayant à une descente dans les tréfonds de l’hôtel pour affronter son démon, de l’horreur des hommes à celle du folklore irlandais, le film reste captivant tout du long. L’image reste assez terne mais suffisamment contrastée pour que les quelques lumières qui nous guident renforcent la tension et tranchent presque violemment avec l’éclat des couleurs du conquistador. Et c’est ce fil de l’histoire dans l’histoire, me rappelant un peu Nocturnal Animals de Tom Ford, qui apporte vraiment une belle originalité à un film d’horreur qui aurait pu rester trop classique.
Chaque personnage, et il y en a assez peu, a suffisamment d’épaisseur pour s’insérer de manière crédible et nécessaire dans le récit. Et cet accent américain empreint d’aigreur tranche de belle manière avec le ton plus enjoué et chantant de l’irlandais.
Classique dans ses thèmes et traitements, sauf un aspect personnel du personnage principal, c’est un film maîtrisé aussi bien dans ses ambiances ternes, ces nocturnes percés par des apparitions et l’utilisation du folklore irlandais de manière très intéressante. Ça fait vraiment plaisir de voir un film d’horreur classique de qualité, classe-ique , faudrait-il presque dire! La maîtrise formelle du film m’a vraiment donné envie d’explorer plus avant le cinéma de McCarthy et notamment son précédent film, Oddity, qui fut également bien reçu. On va essayer de trouver ça…
#Too Long Didn’t Read:
Un film d’horreur irlandais presque classique, mais qui a suffisamment d’idées et de maîtrise pour clairement sortir du lot. Un Adam Scott, en écrivain brisé infect, dont le livre sert de contraste coloré à sa vie, mais qui lui servira au final à clore ses blessures. C’est plus que recommandable pour les amateurs du genre, et si je devais faire un classement des quatre films d’horreur vus, je pense qu’il se placerait au même niveau qu’Obsession mais pour des raisons différentes, bien au-dessus d’un Backrooms ou d’un assez moyen Noise.
Il me reste maintenant à espérer que Evil Dead Burn atteigne ma contrée en VO, et ça sera un bel été d’horreur cinématographique!
– Gregouf
Tags: #Film #Horreur #2026 #Irlande #Lapin #Folklore
