Honeyland

Tamara Kotevska & Ljubomir Stefanov – 2019


Critique écrite en 2021 à mes « débuts », donc toujours en recherche de voix !


Comme disait Omar Sharif en son temps, acteur fétiche de David Lean (Docteur Jivago et Lawrence d’Arabie), « Les Documentaires, c’est ma grande passion ». La semaine dernière était donc une exploration d’œuvres documentaires avec une vraie valeur cinématographique, histoire de pouvoir faire d’une pierre deux coups et pouvoir proposer ça dans deux sections (docu et film) et ainsi augmenter mon audience ! À moi bientôt le placement de produit au milieu de mes chroniques!  

Direction donc la Macédoine du Nord et cette zone montagneuse à quelques kilomètres de sa capitale Skopje (on ne pourra pas me reprocher de pas essayer d’éduquer les masses :o).


IMDb: https://www.imdb.com/title/tt8991268/

Filmé sur trois ans, le film suit Hatidze, une femme âgée qui vit avec sa mère mourante dans un village en ruine des Balkans, dans une région montagneuse. Un rythme de vie lent, capturé sous une lumière magnifique en plan large et cette femme qui parcourt les paysages et falaises pour aller collecter du miel sauvage et des abeilles pour ses ruches traditionnelles dans les murs délabrés du village. C’est visuellement superbe, partagé entre du Gainsborough pour ces paysages printaniers et du Caravaggio pour ses scènes à la bougie entre Hatidze et sa mère alitée depuis plusieurs années.

Dans ce calme et cette communion avec la nature, arrive alors une famille de nomades avec son bétail qui reste dans le village pendant la saison estivale, avec leurs sept enfants. Contraste des plus forts avec l’arrivée du Bruit et de la Fureur, avec cette famille pour qui la nature n’est que commodité qui doit servir à faire vivre la famille. Ils se lancent dans « l’élevage » intensif de ruches pour produire du miel revendu à un homme de la ville, qui en veut toujours plus! La rapacité du capitalisme au milieu de nulle part et cette lutte entre deux types d’abeilles naturelles et surexploitées qui verront la mort de beaucoup d’entre elles, au nom du profit.

La troisième partie, avec l’arrivée de l’Automne et de l’Hiver se recentre sur Hatidze de nouveau seule et les derniers soupirs de sa mère « Too many winters have passed ». Une femme seule, touchante et troublante, que l’on suit courant la nuit avec une torche pour effrayer les loups, parcourant ces paysages couverts de neige et partageant ce miel sauvage encore préservé, avec son chien devant un soleil couchant… Magnifique.

Le documentaire est multirécompensé, une merveille visuelle mais surtout, surtout, une leçon d’humanité, bouleversant d’émotions pour cette femme seule face à l’adversité. Aucune narration, entretien, seule la beauté du réel.


#Too Long Didn’t Read:

En y repensant quelques années après son visionnage, je repense encore à ces paysages, cette beauté, et au centre cette femme et ses abeilles. Superbe !

– Gregouf


Tags: #docu #2019 #Abeille #Humanisme #Femme