In the Mood for Love

Won Kar Wai – 2000


« Chow Mo-wan: I sometimes wonder what I’d be if I hadn’t married Have you ever thought of that?

Su Li-zhen Chan: Maybe happier« 


Saint-Valentin oblige, il nous fallait mon amoureuse et moi nous trouver un film à se regarder main dans la main, cœurs battants à l’unisson. Et comme elle est cinématographiquement aussi exigeante que moi, hors de question de se poser devant une Rom Com sans talent, où Jessica malgré l’adversité et les épreuves réussira à conquérir le cœur de Brandon et son coupé cabriolet des quartiers bourgeois. Vous pouvez inverser Jessica et Brandon, ça marche dans les deux sens. Oui, j’écris aussi des scénarios pour Netflix et Amazon, généralement, ça ne prend pas plus que le temps d’une pause toilette.

Mais je m’égare et c’est un coup à en mettre partout. Film romantique de qualité donc, la recherche ne dura pas plus de quelques secondes quand je lui demandais si elle avait vu le chef-d’œuvre du genre du presque 21ème siècle… Lumières nocturnes et Nat King Cole chantant en espagnol, ça ne s’oubliera jamais!    
   

IMDb: https://www.imdb.com/title/tt0118694/

Le film fête ses 25 bougies cette année, fou, parce qu’il n’a pas vieilli d’un iota. Pour les dissipés du fond de la classe qui auraient loupé ça, c’est l’histoire de deux couples qui s’installent dans des appartements adjacents dans le Hong-Kong des années 60. Elle, Maggie Cheung, secrétaire pleine de grâce et de robes chinoises aux textiles superbes se retrouve souvent seule, son mari étant en voyage d’affaires. Lui, Tony Leung, qui travaille dans un quotidien toujours en costume cintré gris, la clope au bec et souvent seul, sa femme étant également en voyage d’affaires.

A cette solitude lancinante et un rapprochement pudique qui s’opère, Wong Kar-Wai offre un écrin visuel d’une extrême élégance et beauté, usant d’éclairages souvent nocturnes dans des ruelles sombres et s’aidant des couleurs des papiers peints et des étoffes qui passent. C’est beau, incroyablement. Chaque plan, long, est un superbe travail de cadrage, de jeux d’ombres et de lumières sur des visages presque posés. Et lorsque la caméra décide de bouger lentement c’est pour là encore toujours mettre en valeur nos protagonistes.

Pour ajouter à ce charme visuel, une musique mélange de Japon de Shigeru Umebayashi et d’Amérique avec un Nat King Cole chantant en espagnol sur son album…  Cole Español ! Oui bon, la recherche du titre fut un brainstorming qui n’excéda sans doute pas quelques secondes.  

Bref, entre la beauté plastique du film, sa musique envoûtante, nos deux amoureux qui se cherchent sans oser jamais faire le premier pas, on est face à un film somptueux de la fin du siècle précédent qui touche toujours autant. Cette fin tout en délicatesse qui ne révélera rien, pas même les destinées croisées ou pas d’une histoire aussi touchante qu’elle est pudique.

Probablement le film de Wong Kar-Wai qui passera à la postérité, même si le reste de sa filmographie est très belle, et qui reste plus de 25 ans plus tard une belle leçon de cinéma.    

Bravo, et pour les retardataires, c’est vraiment un rattrapage qui ne se manque pas !    

– Gregouf    


Tags: #film #2000 #Taiwan #Classique