Takahide Hori – 2025
Dans un futur lointain, une équipe d’humains, clones et cyborgs explore un empire robotique souterrain, mais tombe dans une embuscade de cyborgs rebelles.
En 2021, après dix ans de travail, Takahide Hori sortait son film Junk Head que je qualifiais alors de «Labour of Love » (j’en parlais ici). Film en image par image mélangeant SF et horreur conçu à quatre mains mais avec deux énormes cœurs. Cette fois-ci, ils sont six pour continuer à nous émerveiller et l’attente n’aura duré que quatre ans ! Gambarimasu!

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt37679220/
Qui a osé nous pondre une affiche aussi repoussante, merde quoi ! Déjà que de la stop animation ça n’attire pas les foules, qu’un film en VO réduit encore le pool, si en plus les distributeurs pondent une affiche dégueulasse, ça ne va pas aider !
Junk World est donc la préquelle à Junk Head, se déroulant mille ans avant dans ce même monde post-apocalyptique où une race humanoïde, les Mulligans, occupent le sous-sol terrestre alors que les humains sont en surface. Une trêve dans la guerre, une réunion entre les deux groupes et une attaque sur la base d’une faction religieuse d’illuminés et c’est parti pour 90 minutes de stop animation avec des décors incroyables, des mouvements de caméras très dynamiques et des combats contre un bestiaire toujours aussi fou.
Alors que Junk Head de par ses limitations budgétaires et digitales offraient pendant une partie du film des décors claustrophobiques et étroits, Junk World prend plus d’espace pour respirer et il utilise aussi beaucoup plus les CGI. Malheureusement, ce n’est pas totalement un gain et ça réduit un peu l’émerveillement visuel qui ne reviendra vraiment que lorsque les différents personnages arrivent dans la ville et un bestiaire qui s’étoffera beaucoup. Niveau scénario, Hori lorgne du côté du maître Kurosawa pour nous offrir un presque effet Rashomon. En mélangeant les concepts de dimensions parallèles, de voyage dans le temps et de changement de point de vue dans l’intrigue, on arrive ainsi à un film qui boucle pas mal, permettant une réutilisation de certaines séquences (probablement pour rentrer dans le budget réduit) mais qui rend l’écriture un peu confuse.
Ça reste fou d’idées, aussi bien dans la réalisation que dans l’univers développé, on ne s’ennuie pas, on se marre avec les excès d’Hori mais il manque quelque chose pour retrouver l’étincelle de Junk Head selon moi. Je suis sorti avec le sourire parce que ce type de réalisation est bien trop rare, que Hori et son équipe se sont octroyé une vraie carte blanche et qu’on retrouve toujours des champignomes, des phallus un peu partout, des monstres chelous et des robots qui claquent. Mais pas de taupes cette fois-ci, enfin…
Enfin si, parce que Hori comme à son habitude a décidé de rendre le visionnage du générique totalement indispensable. Après les crédits, le spectateur encore sous le choc de ce film aura le droit à quelques extraits d’un making-of toujours aussi fou puis une reprise du film pour amener la narration 1000 ans plus tard, jusqu’à Junk Head. Il ne nous manque maintenant plus que le troisième volet de ce qui doit être une trilogie, encore quelques années à attendre… avec le sourire bien sûr !
#Too Long Didn’t Read:
Hori signe et confirme son talent dans ce deuxième volet de sa trilogie. Un peu moins réussi que son premier du fait d’une écriture un peu bordélique, on ne boudera néanmoins pas notre plaisir à cet OFNI japonais en stop animation, débordant d’idées visuelles et de bites en plasticine ! Même la gestion des crédits de fin est originale donc ne partez surtout pas avant que les nettoyeurs arrivent avec leur balai. Et là, vous pourrez en plus leur montrer vos techniques dignes de Jackie Chan dans Brooming Master !
Oui, tout cela n’a aucun sens, mais c’est la faute du film
– Gregouf
Tags: #film #2025 #Animation #Japon #Image
