Xavier Dolan – 2012
« You have crossed the borders of my life, of my town, of my street. All that’s left is my front door. I think you know where to find me.«
Décidément, depuis le début de l’année, beaucoup de revues doubles. Sans doute un souvenir ému de ces soirées cinéma avec deux films qui s’enchaînaient. Ça se fait très rare aujourd’hui, même si un petit cinéma guingampais organise ce type de projection régulièrement. La prochaine, c’est pour… Top Gun 1 & 2. N’étant pas très fan de beach-volley, de corps d’hommes enduits de lotion solaire se claquant les fesses en se fixant lubriquement, je vais sans doute laisser passer.
Au programme, deux films sociaux aux approches stylistiques totalement différentes, mais deux très belles découvertes même si mon cœur balance un peu plus du côté de l’expérimentation canadienne.

IMDb: https://www.imdb.com/title/tt1650048/
Xavier Dolan est un réalisateur avec un début de carrière somptueux, de son I Killed Your Mother en 2009 jusqu’à son Mommy en 2014 puis un peu plus en demi-teinte depuis. Mais entre ces deux-là, Dolan a également placé d’autres perles dont le film du jour qui était passé sous mes radars. Mon amoureuse qui me suggère ce film sans que je ne connecte quoi que ce soit. 168 minutes au compteur, j’espère que ça va être bien.
Et presque tout de suite je suis happé… Presque tout de suite, ce jeu sur les formats me rappelle quelqu’un. Presque tout de suite cet accent québécois et le type de drame qui se développe font résonner ce nom dans mon esprit. « Mais dis-donc mon con, ça ne serait pas un Dolan que tu n’as pas vu ? » Ah ben oui !
Laurence Anyways, c’est l’histoire de Laurence Alia jeune professeur de littérature qui avoue à son amoureuse, Fred, lors de son trente-cinquième anniversaire qu’il s’est toujours senti femme, qu’il l’aime éperdument, mais qu’il voudrait continuer leur relation en étant une femme. Comment faire face à la personne qu’on a toujours voulu être sans pouvoir l’être, comment faire face aux regards et aux réactions de ceux qui nous entourent à commencer par notre compagne qui doit elle aussi tout repenser. Dolan développe ce sujet complexe et difficile avec brio, maniant une réalisation superbe s’attardant beaucoup sur les visages des personnages, et ces deux acteurs centraux Melvil Poupaud et Suzanne Clément (habituée des films de Dolan) absolument convaincants et convaincus de leurs personnages. Développée sur plusieurs années, l’histoire touche, bouleverse, sans artifice ni excès, ça sonne toujours juste et profondément humain et tout fonctionne.
D’une musique qui passe de Brahms à Céline Dion en passant par Moderat, d’une caméra qui alterne les formats horizontaux et verticaux, et une histoire qui se développe entre ces deux personnages centraux convaincants et touchants, on se plonge dans ce film à cœur perdu. Une énorme réussite, très touchante.
#Too Long Didn’t Read:
Dolan est un réalisateur de grand talent capable de capturer les humains avec brio, ce qu’il démontre encore une fois avec ce film que j’avais complètement omis dans sa filmographie. Un rattrapage qui m’a gardé captif pendant près de 3 heures!

– Gregouf
Tags: #film #2012 #Dolan #Genre #Qualité
