Curry Baker – 2025
« StaaaaaaaaaaAAAAAYYYYYYYYYY! »
Si je vous dis film d’horreur dans lequel vous faites un vœu puis tout part en cacahuète, les plus vieux parmi nous penserons peut-être à la trilogie Wishmaster, dont l’idée originale fut réalisée par Robert Kurtzman, plus connu pour ses talents de maquilleur et d’effets spéciaux. Une carrière de 40 ans sur beaucoup des films d’horreur qui ont marqué la période, ayant bossé pour les Raimi, Carpenter, Craven, Tarantino et même Paul-Thomas Anderson.
Eh bien aujourd’hui, on va parler d’une réutilisation du thème dans un film d’horreur indépendant qui explose le box-office mondial!

IMDb: https://www.imdb.com/title/tt37287335/
Visionnage tardif, parce que dans ma cambrousse, les bobines arrivent à dos d’âne et celles en VO passent en plus par le Burkina Faso d’abord. Mais il est enfin là, le film avec l’un des ROI les plus incroyables de tous les temps. On est déjà à presque x600, ce qui reste néanmoins assez loin de deux ténors The Blair Witch Project avec un x4000 et surtout Paranormal Activity avec un budget minimaliste de 15K$ et un ROI de 13000 fois le budget !
Soyons clair dès maintenant, Obsession joue dans une tout autre cour que les différents métrages déjà cités. L’image est super léchée, ça cadre très propre tout du long avec une photographie plutôt bonne dans les environnements sombres ou à lumières incandescentes. Mais la force du film n’est pas là…
Obsession c’est donc l’histoire de Bear, amoureux secrètement d’une amie et collègue de boulot, Nikki. Il est introverti et réservé, elle est pleine d’énergie, d’envie et de courage. Alors qu’elle lui annonce qu’elle a claqué sa démission et qu’ils doivent se retrouver pour un verre, Bear décide de passer dans un petit magasin ésotérique pour un cadeau et tombe sur le One Wish Willow, qui exaucera votre vœu. L’amour inconditionnel de l’une vers l’un, plus que tout autre être humain. Et dans ce genre de film, c’est toujours la manière dont on exprime son vœu qui pose un problème.
À partir de ce postulat, Curry Barker dont c’est le deuxième long-métrage, nous offre un film d’une grande maîtrise formelle, maintenant une tension superbe absolument constamment, en jouant aussi bien sûr des explosions sonores (« Staaaaaayyyyyyyy ! »), qu’une musique pesante, l’utilisation des ombres et contrastes et bien sur quelques jump scare pas piqués des hannetons ! L’actrice qui joue l’amoureuse transie, Inde Navarrette, est stupéfiante dans son rôle basculant entre deux états extrêmes en un clignement d’œil renforçant ainsi le malaise tout le long du film. Et le nombre de scènes d’anthologie s’amoncellent, d’un repos dans l’ombre à une utilisation originale d’une brique pour une scène accélérée que George Miller ne contredirait pas.
On passe du rire nerveux, lorsque Nikki nous fixe, à l’effroi quand Bear découvre le nouveau développement qui entache sa vie et ses vêtements. La scène la plus effrayante est presque ce coup de téléphone au service client, et sa clôture, glaçante d’effroi. Sans doute la meilleure pub possible pour le Consentement. Faudrait faire comme dans Orange Mécanique et laisser tous les mascus en boucle sur cette scène !
Bref, vous l’aurez compris, c’est pour moi une franche réussite. Un film d’une grande maîtrise, réussi sur chaque dimension qui, même sans être particulièrement original, garde le spectateur captivé… et effrayé. Et c’est souvent très drôle ! Ça me donne envie de découvrir son premier film, Milk & Serial, qui a une note très honnête pour un film de genre sur IMDb.
#Too Long Didn’t Read:
Un film d’horreur petit budget qui explose le box-office, ce n’est pas nouveau. De Halloween à Blair Witch Project, on y a souvent eu droit. Mais Obsession sans atteindre l’innovation et l’effroi du Carpenter se place clairement parmi les belles réussites du genre. On va souhaiter une belle carrière à Curry Baker, plus à la Big John qu’à la James Wan !
Ça mérite donc un Gregouf Seal of Quality que je viens de créer hier! Faudra que j’en rajoute aux films précédents…

– Gregouf
Tags: #film #2025 #Horreur #ROI #Baker #pipi_pantalon
oui… je m’amuse aussi avec les tags… who cares…
