Andrew Patterson – 2025
« Up with caffeine and down with a shot
Constantly worried about what I’ve got
Distracting my work but I can’t make a stop
and my confidence on and my confidence off »
Il y a une certaine récurrence avec les abeilles en ce moment. Le très mauvais The Beekeeper il y a quelques jours, qui m’a rappelé l’excellent Honeyland, et puis sort au cinéma un film de miel qui est annoncé comme « la plus grande performance » de Matthew McConaughey. C’est quand même dangereux d’utiliser ce type de superlatif pour un acteur avec une belle carrière allant d’Interstellar à Dallas Buyers Club, en passant par True Detective ou Mud. Il joue d’ailleurs souvent le mieux dans ses rôles dans les États religieux américains, un peu poisseux, avec une moiteur dans l’air, de la poussière et de la sueur… collant quoi, comme le miel ! Cette fois, on sera en Oklahoma !

IMDb: https://www.imdb.com/title/tt27706593/
On ne va pas revenir sur la différence entre le titre original, The Rivals of Amziah King, et cette traduction par un titre toujours en anglais vraiment pas terrible. On va plutôt se pencher sur le nom du réalisateur. Parce que oui, Andrew Patterson en est à son deuxième film et son premier était une belle réussite indé qui m’avait enthousiasmé en son temps, The Vast of Night, qui n’était pas sorti en salles chez nous mais directement en VoD chez tonton Bezos.
Oklahoma Honey a donc la lourde tâche de transformer l’essai. Et Andrew ouvre le film de manière originale. Un diner drive-in américain le soir, des éclairages sur des tables en plastique pour déguster un burger, des hommes qui arrivent un par un, avec leurs instruments pour nous jouer un bluegrass américain. C’est d’ailleurs la musique qui nous transportera le long du métrage, avec un grand sourire. Matthew est Amziah, producteur de miel, veuf au grand cœur, point central de la communauté. Toute la première partie du film, dont on ne révélera rien, est une sacrée performance, très rythmée, enjouée, ça déroule à toute vitesse dans une ambiance surchauffée, mielleuse. Et puis Amziah retrouve par hasard une jeune femme dont il s’était occupé une décennie plus tôt, et lui propose de venir travailler dans sa miellerie. De superbes plans ruraux, des abeilles, une initiation touchante, des soirées chantantes au coin du presque feu. C’est prenant, même s’il y a un peu trop de découpage dans le montage à mon goût.
Le film bascule alors dans une seconde partie, différente de la première, centrée sur l’actrice Angelina LookingGlass, qui cherche à récupérer ses ruches… Et on perd beaucoup de la poésie et de l’énergie du départ. Beaucoup plus classique dans son déroulé, la deuxième partie m’a moins touché. Mais Patterson clôt le métrage avec une belle scène qui fait écho à une scène initiale et sa reine au point vert.
C’est un film bancal, de par sa construction mais également de par les thématiques des différentes parties. Je pense que j’aurais préféré 90 minutes de cette première partie, avec une approche plus « steinbeckienne » sur la difficulté du travail de la terre. Mais c’est un film avec plein de jolies choses et de jolis moments, et même des dialectes incompréhensibles. Et pour ça, on en ressort quand même en ayant pris du plaisir. On reste loin des adjectifs dithyrambiques de l’affiche néanmoins…
#Too Long Didn’t Read:
Sympathique de retrouver Patterson dans un film avec plus de budget et d’envergure. Même si l’alternance de scènes surdécoupées puis presque impressionnistes m’a un peu dérangé, la première partie est un vrai plaisir de cinéma. La deuxième, moins à mon goût, est plus classique, même si le sourire et le regard en coin de LookingGlass nous gardent dans le film.
– Gregouf
Tags: #film #Patterson #Abeille #Conaughey #BlueGrass
