Sepideh Farsi – 2025
« I don’t want to be just a newsflash or a number at the bottom of a column. I want a death that the world will hear. »
tiré de son livre posthume, Les yeux de Gaza

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt36598711/
Ce documentaire se déroule entre mi-2024 et le lendemain de l’annonce des nominations au festival de Cannes 2025, au début de cette année. Sepideh Farsi cherche à rentrer à Gaza mais blocus israélien oblige, pas de journaliste pour témoigner du massacre, pas plus que d’aide alimentaire pour nourrir la population assiégée. Sepideh par un contact commun arrive néanmoins à rentrer en contact avec une jeune femme gazaouie, Fatma Hassona, qui est photographe amateure.
Le documentaire se construit entre les discussions vidéo des deux femmes, entrecoupées de clichés pris par Fatma pour témoigner de ce qui se passe autour d’elle. C’est un documentaire très humain, qui capture le superbe sourire de cette jeune femme dont les aspirations à la vie la maintiennent à flot au milieu de la désolation qui l’entoure. Sepideh documente la vie, Fatma documente la mort et la guerre, et toutes deux se retrouvent autour d’une humanité brillante, du rejet de la haine de l’autre et de toute colère, juste une envie de paix et de vie pour tous.
C’est assez impressionnant, comment malgré la mort de quasi tous ses proches, famille, amis et la destruction de tout, Fatma n’exprime aucune animosité, aucune haine. Juste une envie que les conflits cessent pour pouvoir revivre. Les clichés qu’elle capture sont très beaux et de qualité, et apportent un œil presque poétique sur la destruction, même s’ils deviennent de plus en plus sombres. Le dernier appel vidéo a lieu après la sélection du documentaire pour le festival de Cannes. Fatma et toute sa famille, sept personnes, mourront dans la nuit d’une frappe israélienne. Sans doute en représailles contre cette personne qui a l’humanité qu’eux n’ont pas. Ce n’est pas un documentaire magistral mais c’est un documentaire nécessaire, qu’il faut voir et faire voir. Qu’il faut faire circuler et partager, parce que la vie doit prévaloir sur la haine. Merci à ce sourire dans les ténèbres. Très touchant.
#Too Long Didn’t Read:
La lumière réussit à percer les ténèbres les plus sombres. Fatma Hassona rayonne d’une lumière qui rappelle ce que c’est d’être humain. Allez le voir.
– Gregouf
Tags: #documentaire #2025 #Gaza #Guerre
