Revenge

Coralie Fargeat – 2017


« The desert is sublime, but merciless with the careless. »


Une connaissance le citait régulièrement comme le triptyque moderne du cinéma de genre français. Grave de Ducournau, The Substance de Fargeat et… Revenge de Fargeat son premier long-métrage que je n’avais pas eu l’occasion de voir jusqu’à maintenant. Mais Médiathèque Numérique aidant, et un crédit de mon allocation mensuelle dépensée, il était temps de combler ce petit manque et voir si l’ami était, comme régulièrement, de bon conseil !


 IMDb : https://www.imdb.com/title/tt6738136/

Un plan large sur un désert, un hélicoptère qui arrive au loin vers la caméra… manque plus qu’un loup, un peu de froid et voilà la scène d’intro de The Thing de Carpenter. Revenge c’est l’histoire de Jen, jouée par Matilda Lutz, qui se retrouve dans une propriété cossue au milieu du désert australien avec son amant Richard. Elle est jeune, belle, et rêve de succès et de lumière. Lui est marié, père, chef d’entreprise et rêve à sa jeunesse et sa gloire passée. Ils sont rejoints trop tôt par deux collègues de Richard pour une partie de chasse. Un viol, une tentative de meurtre et le titre du métrage va résonner pendant 108 minutes.

Film de genre par excellence, empruntant aussi bien au survivalisme qu’au film à l’héroïne forte, à l’horreur d’un Wes Craven ou d’un Wolf Creek au body-horror de Cronenberg. C’est un mélange plutôt réussi, qui part sur des bases très classiques au début, nonobstant quelques plans d’insectes et arachnides sympathiques, pour vraiment passer la seconde à partir de la grotte et d’hallucinations fébriles sous Peyotl, qui sera la renaissance de notre héroïne marquée d’un presque phénix, les amateurs de bière comprendront.

De là, Fargeat enchaîne des scènes saignantes bien maîtrisées jusqu’à un dénouement qui mérite à lui seul son paragraphe. D’un long plan séquence alors que le doute habille notre Richard, à défaut de tissu, Fargeat nous livre une scène de course-poursuite avec plus de sang que dans Carrie au bal, où les deux protagonistes sont filmés au plus près, haletants, la chair saillante et dégoulinante. Je ne connais pas la durée de la scène qui se veut, tel un mantra, ultra monotone et répétitive, mais elle donne un sacré impact au métrage et à la vision presque finale d’une Jen s’éloignant d’un salon nouvellement décoré. On s’attend presque à un bain christique pour faire s’éloigner la souillure et amener à la renaissance, mais on aura simplement le droit à un écho de l’ouverture. Très maîtrisé, même si un peu trop classique dans sa première partie. C’est un bon film de genre français, bien trop rare, même si le duo Ducourneau/Fargeat nous offre de la qualité depuis maintenant quelques années. Sur des thèmes un peu similaires, mais avec une approche encore plus barrée et un jusqu’au-boutisme qui ne s’arrête devant rien, Mandy de Panos Cosmatos, sorti l’année suivante, avec un Cage légendaire, régale encore plus.   


#Too Long Didn’t Read:

On ne boudera pas son plaisir devant ce revenge movie classique dans le scénario mais dont la mise en scène, et l’attrait pour le sang et la chair, le rend assez qualitatif dans son genre. Une très bonne première réalisation pour une Fargeat inspirée, surtout par ce final un peu fou, qui transformera avec le très bon The  Substance!

Et pour donner envie de regarder Mandy, voilà le résumé que j’en avais fait il y a quelques années:

Mandy

Ce film qui n’est qu’un long trip sous LSD avec un Nicolas Cage, superbe en slip et une hache qui brille, et des tronçonneuses, et un tigre, et des pin-heads, et de la pâte à modeler, et de la musique des 80s, et des pubs géniales, et un guru à petit sexe, et des combats, et du sang, et des filtres colorés, et… et… et…  

– Gregouf    


Tags: #film #Mandy #Fargeat #2017 #Sang