Sous le Ciel de Kyoto

Akiko Ohku – 2024


« « Le ciel d’aujourd’hui est celui que je préfère.« 


Deuxième petit rattrapage de la semaine pour un film japonais qui est arrivé bien tardivement par chez moi. L’affiche ne m’avait pas particulièrement attiré mais quelques avis enthousiastes m’ont suffisamment convaincu pour me rendre au cinéma pour le découvrir sur grand écran. Voyage vers Kyoto, souvenirs de tempura à la légèreté croustillante bien différente de ceux du Kanto…


IMDb: https://www.imdb.com/title/tt34278653/

Sous le ciel de Kyoto est un film dont il ne faut pas savoir grand-chose pour se laisser porter par les déambulations de Tôru. Universitaire en deuxième année de lettres, il revient en cours après la perte de sa grand-mère et reprend son travail nocturne où il nettoie un bain public de son quartier. Un peu seul, même s’il a un ami, il rencontre Hana, étudiante qui semble elle aussi esseulée et touchée par la perte d’un proche. Romance naissante dans la journée, rencontre amicale d’une jeune musicienne travaillant dans les bains publics la nuit. Le film se déroule tranquillement, dans l’excentricité douce de ses deux personnages et cette romance naissante.

Et puis, une nuit, le film subit sa première déflagration. Une révélation amoureuse dans une très longue scène vraiment belle, sur l’ouverture à l’autre de ses sentiments, extrêmement pudique et touchante. Et à partir de là, la charge émotionnelle du film ne cessera de croître, jusqu’à ce que résonne la chanson de Spitz.

Le film de Ohku touche de nombreux thèmes sociaux sur notre rapport aux autres, le partage des sentiments, la peur de faire le premier pas ou d’aller vers les autres pour les soutenir, l’impact du deuil sur la vie et la solitude. C’est bien plus qu’une romance « adolescente » mais une réflexion large sur notre rapport aux autres et particulièrement aux gens qui nous sont chers. C’est écrit sans pathos, de manière touchante et pudique, et la réalisation permet de lier par touches beaucoup d’éléments qui convergent vers une dernière partie très émotionnelle. La réalisation porte très bien l’ensemble, sachant valoriser les plans longs pour certaines scènes, les coupes un peu plus franches pour se resserrer sur un visage, sur un flou. C’est aussi un film avec beaucoup de silences, très peu de musique, et ça aide à renforcer l’écriture et l’attention sur les dialogues entre les différents personnages et la pertinence des réflexions.

On retiendra du film cette très belle phrase « Le ciel d’aujourd’hui est celui que je préfère », qui reviendra comme un mantra le long du film, nous enjoignant à ne pas reporter à plus tard l’affection qu’on pourrait offrir aujourd’hui. Décidément, cette année sera riche en films asiatiques d’une grande humanité. Après The World of Love de Yoon Gae-Un et Soudain de Ryusuke Hamaguchi, il y a quelques jours, le film d’Akiko Ohku vient marquer d’une jolie pierre blanche mon petit cœur. Touché !


#Too Long Didn’t Read:

Un très beau film qui met un peu de temps pour se mettre en place et dont le pivot sera une scène superbe de révélation amoureuse déçue. De là, une écriture intelligente et touchante permettra au film de s’épanouir émotionnellement et de toucher le spectateur au cœur. Un vrai beau moment de cinéma !

– Gregouf


Tags: #film #2024 #Japon #Kansai #Ohku #Parapluie