The Neon People

Jean-Baptiste Thoret – 2025


Les chances que ce documentaire arrive dans ma contrée reculée étaient faibles, mais en plus de la livraison de la pellicule, il s’avère que c’est le réalisateur lui-même qui est venu la déposer et discuter avec le public. Si ce n’est pas un sens du service incroyable!


 Allociné: https://www.allocine.fr/film/fichef […] 09692.html

The Neon People est un objet cinématographique bien étrange. Se voulant presque documentaire, il se permet des situations « rêvées » et une esthétisation poussée pour capturer la vie de ces sans-abris de Las Vegas qui vivent dans les conduits d’évacuation d’eau de la ville.

Le film s’ouvre sur une figure spectrale qui déambule avec un caddy dans un couloir sombre, des éclairages bleus et rouges qui rappellent Dario Argento dont le réalisateur est un grand fan, des nappes de synthé pour le son signé par le réa. Une sorte de Carpenter français.

Sur plus de deux heures, on va donc rencontrer quelques figures qui survivent dans ces tunnels, tous amenés ici par les accidents de la vie et une plongée trop rapide dans les drogues. Une sortie rare sous le soleil du Nevada ou les néons des casinos du Strip pour faire la manche, des tranches tragiques de vies capturées en temps long. A l’humanité des protagonistes qui s’accroît avec la durée du métrage, Thoret y oppose leur invisibilité lorsqu’il se retrouve au milieu des excès de la surface et son inhumanité. Un des aspects intéressants que Thoret souligne dans la discussion autour du métrage c’est que les différents protagonistes ne blâment qu’eux-mêmes pour leur situation. Culture américaine oblige, on se fait ou on se défait tout seul, et c’est une conviction, fausse, bien ancrée. Ce qui donne des réflexions sur la politique et un soutien aux extrêmes même quand ceux-ci les enfoncent le plus. Paradoxe très intéressant presque à l’opposé des sociétés européennes occidentales.

Alors, le métrage souffre un peu de sa longueur, car Thoret et son équipe ont filmé pendant un mois et demi, ce qui ne permet pas vraiment de progression. C’est une sorte de capsule temporelle de cette population, la force du métrage étant dans sa forme plutôt que son fond. Intéressant, avec beaucoup de qualité, mais des défauts qui rendent le documentaire beaucoup moins fort qu’un Tehachapi par exemple, vu plus tôt dans l’année, par le manque de progression, et une forme réussie mais dont le format documentaire ne permet pas les mêmes excès que la fiction. Bref, un film hybride intéressant mais souffrant des limitations propres aux genres…      


#Too Long Didn’t Read:

Un documentaire hybride qui se permet quelques ersatz de fiction, et une esthétisation très poussée de ces marginaux et leurs tunnels. La forme est impressionnante, mais le fond un peu trop léger pour ne pas souffrir de longueurs

– Gregouf


Tags: #documentaire #2025 #Vegas #Carpenter #Sans-Abri